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Paintings


"Charcoal drawings " - 1996 / 1999

Charcoal drawings
Rosario Bianco / untitled
Charcoal drawings and acrylic on canvas / inch: 86 x 118 / 1996



(text untranslated)

Rosario Bianco

Interview réalisée le 8 mai 1998 par Sabine Bourg.


Sabine Bourg.
Je connais votre travail depuis plusieurs années et de nouveau vous nous surprenez par cette proposition. Comment devons-nous la comprendre ?

Rosario Bianco.
Quand j’ai débuté ce travail j’ai choisi immédiatement de travailler sur de très grands formats, l’occupation de l’espace me paraissait un critère très important, je voulais envelopper le spectateur par des scènes figurées ; je dis spectateur car ici la dimension cinématographique a son importance ; on peut considérer les espaces blancs que je propose comme des morceaux d’écran cinématographique arrachés de leur contexte ; d’ailleurs, on dit en langage populaire « se faire une toile » pour « aller au cinéma », cela en dit long sur la filiation entre peinture et cinéma et peut être même plus qu’entre peinture et photographie.

Les toiles ne sont pas totalement recouvertes de peinture, quelle en est la raison ?
Je désirais laisser des espaces de respiration à l’intérieur du travail, des formes susceptibles d’apporter des ruptures au sein des narrations proposées, par un effet de retournement ce sont les dessins qui sont devenus des îles de théâtralité au milieu de la surface écrue des toiles des tableaux.
Une autre raison était de signifier le matériau, sa réalité physique, de laisser transparaître ses caractéristiques au regard d’une pratique artisanale du dessin ; en quelque sorte un travail intégrant les problématiques de « Support Surface » mais contaminé par l’histoire. . . la petite histoire ; une forme de surgissement de la démocratie à l'intérieur de ...

Donc nous avons une toile vierge recouverte à certains endroits de peinture blanche.
Le recouvrement est en effet partiel, il répond à une certaine logique, une forme de protocole, la forme obtenue est le résultat d’une nécessité de recouvrement définie par une série de gestes réglés. La taille elle-même des tâches est définie par une charge de peinture choisie.

Ensuite nous avons le dessin lui-même, pouvez-vous nous en parler ?
Le dessin serait la partie émotionnelle, psychologique du travail, le geste irrationnel. Les thèmes d’abord, ils sont tirés du monde de la BD, du cinéma et de la littérature d’aventure, sortis de leurs contextes, ils surgissent avec leurs figures en soi; ils deviennent autonomes face à leur propre histoire. L’image proposée apparaît alors comme un fragment isolé définissant son propre espace narratif.

Mais entre toutes ces scènes, quelque chose de commun semble se dégager ?
En effet elles reflètent un moment « t » de l’action choisie par sa forte charge psychologique, là où se noue où se dénoue l’intrigue. Donc ces scènes ne sont pas anodines, elles renvoient à une certaine violence et souvent à forte connotation sexuelle, elles créent une tension, voire même un malaise, c’est une forme de théâtralité exacerbée mais je ne peux en donner une explication raisonnable. Ce que je ressens, c’est la présence forte de la fragmentation des espaces qui joue dans cette direction, je pourrais dire, en utilisant une métaphore cinématographique que je crée du hors-champ à l’intérieur même de la toile. . . des trous, des points aveugles dans lesquels le spectateur se réfugie, se perd où se rassure mais qu’il s’approprie afin de créer une certaine distanciation par rapport aux scènes figurées.

Mais le dessin lui-même ?
Il est réalisé au fusain, pour moi cela avait son importance ; le fusain n’est rien d’autre que du charbon de bois, en le choisissant, je voulais renforcer ce côté brut, premier de la toile et créer une opposition à une narration aux enjeux complexes. En somme les espaces blancs définis par les tâches de peinture sont des espaces de projection très proches de la toile de projection du cinéma. Le blanc de la toile devient le lieu de captation de l’image. Au-delà du blanc la toile vierge ne retient rien, l’image s’arrête.

Pour conclure.
Je pense que ce travail est la mise en relation d’une expérimentation plastique liée à un protocole essentiellement tourné vers l’affirmation matérielle de la peinture et une réalité figurative marquée par la théâtralité et la psychologie qui puisent aux sources d’une culture populaire.

Montreuil / 18.05.1998



Charcoal drawings Charcoal drawings Charcoal drawings Charcoal drawings Charcoal drawings Charcoal drawings
Drawings / 1996 - 1999.
Charcoal drawings and acrylic on canvas / retails / inch: 39 x 39



Charcoal drawings
Drawing 1998
Charcoal drawings and acrylic on canvas / inch: 118 x 86

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